mardi 10 juin 2008

Ce qui me tourmente

Bisous. Ce message unique tombe sur moi, il émane de l’oiseau blanc. Bisous. Depuis deux semaines il reprend contact, il insiste. Un petit mot, chaque jour. Bisous. Avant de se coucher.

Il aurait le droit de m’en prodiguer autant qu’il veut, des bisous. Je me laisserais chavirer entre ses doux bras blêmes, je me laisserais lécher le visage, le gland, les aisselles.

Sauf que je doute un peu de mon plaisir. Car ce beau spécimen, dont je tâterais volontiers une fois encore le fessier ferme et rond, suce comme une fille, quoique goulûment, et baise comme une cuillère. Nos baisers ne furent à aucun moment cette espèce de faim, d’aspiration de l’autre, d’appropriation de fluide vital : il existe des garçons qui se nourrissent du plaisir de l’autre, mais jusqu’à le vampiriser, à le digérer, l’impression qu’ils se goinfrent et il faut se défendre, muscler le propos… Avec lui il y eut les baisers adolescents, maladroits, nuls, on m’a dit qu’il fallait mettre la langue et tourner, tourner; et les pâmoisons, les jonctions momentanées, les muettes prières résonnant sous les poitrails sans souffle. Mon bel amour, mon bel amour. S’il avait su m’offrir sa peau tendue par l’effort et la jouissance, si j’avais pu en traces rubescentes y dessiner les runes qui m’obsèdent, mon poème, ma lettre d’amour, l’aurais-je écrite pour lui ? Mon ardente faconde abrite en sa chapelle de nombreux corps tordus, ceux de tant de garçons, d’oiseaux lyre, gris comme des romans à composer, coulant comme des cierges sur l’autel de mon désir… Je ne trouve aucun repos. J’aurais voulu proposer en rituel à mon amant la plus infernal monté de plaisir, ah… Mon amant, mon amant n’a pas de chair. Un rêve enfanté par des bombes et lancé sur mon livre. Un rêve qui me trouble, il faut me croire, la surface sombre de ma lettre s’en trouve affectée d’exquis et infinis rebonds. Je me sens impuissant. Play with me, sweet Cody Lockheart. Je me caresse avec l’espoir de me débarrasser de mon désir d’étreinte, de ces baisers qui sont en moi et ne s’en libèrent pas. Sors de mon corps, sors de mon corps, ô démon. Mais je n’éjacule pas parce que je suis comme une petite salope qui se préparerait pour le coïte. Je dois me préserver pour mon amant. Ce mot qui me cueille chaque soir m’assèche. Le monde est virtuel. Je ne trouve aucun repos.

9 commentaires:

di Brazza a dit…

Comme une cuillère? Vraiment? Pourquoi pas comme une fourchette? Une pince à sucre, tiens: oui. ça doit pas être piqué des vers de faire ça comme une pince à sucre. ça doit t'avoir des airs de tourteau nonchalant, îvre de sa chair rose et carapaçonnée, des arômes, des parfums attlantiques. Oui: c'est ça. la prochaine fois il faut absolumment que tu essayes ça : un garçon aux (faux?)airs de tourteau nonchalant. déjà, je sens que tu en pinces.
Non?
Amications tourtelles
dB

jane a dit…

Ca y est t'as connecté la wifi avec les cornes des chamoix?

Ouam-Chotte a dit…

@Bon dieu de bon dieu Jane, ne recopie pas les bêtises de Gary : chamoiS avec un S, ouillouillouille.

@di brazza : j'en pince, tu as raison ! Peut-être même que je te volerais l'expression un de ces quatre !

Olivier Autissier a dit…

Démon, démon, c'est vite dit. Et en même temps, pouquoi pas à davantage y réfléchir.

Anonyme a dit…

Ce qui m'apaise...

Ouam-Chotte a dit…

@anonyme ;-)

Anonyme a dit…

...c'est de vous avoir lu ici et là...

Gary a dit…

Ah là là, ok ... Chamois avec un S. mais si y sont plusieurs, on peut pas mettre un x ?

Et si en plus, y sont grivois, voir aguicheurs ?

Gary a dit…

Sinon, parfaitement d'accord avec Mr Autissier. Démon, Démon, ... c'est pas un peu mélodramatique, tout ça ? On peut te trouver un bon exorciste, si tu veux ... Dans un groupement évangéliste avec des ex-gays, par exemple ... ;-)