samedi 2 mai 2009
Putain de road roman
mardi 21 avril 2009
Le Film Porno à télécharger
jeudi 2 avril 2009
C'est Vendredi 3 avril
C'est ce thème, Pornographie, qui m'inspira Premier Jet et c'est à partir du texte que je vais lire vendredi à la MAPRA à Lyon que tout le reste du roman a été imaginé. L'artiste Coraline Picos exposera quelques œuvres originales et mes collègues (h)auteurs, croyez-le, n'amuseront pas la galerie. Venez donc boire un coup avec nous. vendredi 2 janvier 2009
Expérience
Sachez tout de même que maintenant je fais le Zouam...
jeudi 24 juillet 2008
La porte
Je sais qui tu es. Telle une ombre prométhéenne tu glisses sous les portes et tu fais le don du feu au fou. Silhouette agitée par la présence des mouches, tu jouis du corps à corps avec moi, tu me blesses au front, une nuit de beuverie et… m’as-tu vu cul nu sur le muret pentu de la rue des Fantasques ? Je me suis maquillé ensuite avec mon sang, je me suis caressé, à travers le slip, je bandais durant notre bataille, tu voulais la volupté, je te l’avais promise. Je t’ai aperçu si souvent, du coin de l’œil, au détour d’une phrase, et te voilà ici devant moi. Sous moi.
Boumboumboum.
Noire, en effet, mon cruel sigisbée, tu l’es. Maintenant, je me dis, je suçote ton téton, tu te tais et tu siffles, dans ma gorge, les premières mesures de l’abandon. Sur mon lit, qui n’est qu’une idée blanche où je me vautre, mes mains te créent un corps mince et remuant, ton visage inventé se tord tandis que mes dents te façonnent le frein. Ah tu me suis ?
Boumboumboumboum.
Mais tu ne peux plus fuir. Tu es à Ouam. Je cartographie, je trace, je délimite ton territoire. Avec mes dents, avec mon couteau, je te coupe, je te déchire. Je t’ouvre comme un livre, une plaie, tu sens bon l’encre fraîche, mon sigisbée, ton sang est noir et tu le déverses sans plainte, ou alors elle m’est inaudible, elle sourd, ta souffrance est liquide et se déverse dans la chambre. Je te lis.
Boumboumboum.
Tu es à Ouam, infâme ? Non tu es en Ouam. Ouvre tes cuisses, cambre-toi, montre ton trou, que je me déleste enfin de ce qui pèse depuis si longtemps, dans mon bide, le long de ma colonne vertébrale, dans mes burnes et qu’il soit comblé, plein de moi ! Tu agonises, je brandis mon couteau, je ne dessine rien, je lacère, je défigure, je m’abreuve à tes dernières gouttes, je n’en peux plus de ces romans que tu te fais, de ces vies que tu inventes et qui sont là, aussi vraies que natures. D’accord, les humains ne sont rien sans leurs ombres furtives, leurs humeurs et leurs histoires. Je ne suis rien sans toi.
« Ouam je sais que tu es là »
Mon corps est lourd de tant d’absence. Noire Sigisbée, tu me suis ?
Boumboumboum.
On frappe à la porte.
mardi 22 juillet 2008
L'absence (3)
Un seul être vous manque, dit-on, mais cet être c'est je l'absence à soi-même. L'autre, les rencontres ne sont-elles que l'image protéiforme de soi, ne parle-t-on qu'à soi ? Dans ce désert, il y a ma solitude, et tous mes oasis. A cause de ce que je crois discerner d’un homme que j’aperçois pour la première fois, je pourrais lui dédier ma lettre d’amour, l’écrire pour lui. Mais bien sûr je cède ainsi à une illusion et cet autre fantasmé n’existe que par moi, à cause de mon désir. Je n’ai pas la prétention de connaître les gens dès le premier coup d’œil, même si j’en éprouve parfois la sensation, grâce à cette machine sentimentale, bien huilée je le jure, mon empathie.
« Ah la première gorgée, hein.
- Ah oui, c’est vrai ce que tu dis c’est complètement vrai. »
Pourquoi cherche-t-on si souvent à s’identifier, je dirais même à communier ? Pour ne plus être seul, on se cherche avec frénésie d’autres soi-même. On fait d’ailleurs des grand’ messes pour tomber tous d’accord, des bouquins, des émissions de télé. Je je je, une sorte d’ego universel, tentaculaire. Unique, comme la pensée du même nom. Regarde-moi, regardez-moi. Désirez-moi. Et cherchant à provoquer le désir du plus grand nombre, le média, qui est la somme, ou plutôt l’infecte bouillie de ceux qui l’animent, devient l’organe autorisé du grand consensus mou, de la fausse provocation, de l’ironie facile, bref, du lieu commun. Oui, le poste de télé est l’avatar domestique d’un énorme Phallus en quête d’un maximum de trous du cul.
« Moi je ne suis pas d’accord.
- Euh alors rendez-vous dans cette case-là, elle est prisée, celle-là, elle vous plaira.
- Laquelle, ah oui. Bon d’accord. »
Aussi indécente et abjecte que cette foire des désirs puisse paraître, nous sommes nombreux à chercher la convergence des regards, le désir d’autrui. Il ne faut pas s’en étonner. Le pire serait de s’en moquer. J’aime beaucoup l’infanterie, les pieds paquets, tout ça, mais l’humour à l’évidence repose sur un non-dit, une connivence et donc, assez souvent, justement sur la pensée unique, celle qu’on n’a pas besoin de formuler. Non, je ne crois pas que tout soit « dépeuplé » lorsque tu n’es pas là, puisque c’est moi qui me délite, me déchire, me découpe… Est-ce que je meurs, est-ce le monde qui s’efface ?
mercredi 16 juillet 2008
L'absence (2)
Jane et sa petite famille m’invitent à manger et c’est drôle ce qui se passe, je joue au foot avec les mômes dans le jardin, ils braillent au moment de se coucher, je pars une heure ou deux plus tard avec une petite euphorie, rasséréné. Tonton Ouam était un peu en famille. Je vais replonger pourtant, je le sais. Je réprime déjà un frisson lorsque se ferme derrière moi la porte de Jane. Je vais me noyer sous les flots du lac bleu. Je n’ai pas eu trop besoin de parler, j’ai laissé ma copine me raconter sa journée, les progrès de ses enfants et c’était très bien car si j’avais ouvert la bouche… En ce moment je sens que je suis infoutu de garder secrète cette infâmante liaison, ma compagne fidèle, de retour, la chienne, mon humiliation. J’en aurais pleuré. Mon désir semble se perdre dans l’espace, se disperser au point de s’assimiler au vide. Je me sens pourtant aimer l’autre. Un autre, les autres, peut-être. Mais le monde vit sans moi, je ne saurais dire s’il grouille, je soupçonne qu’il vit. Et moi je suis comme mort. J’ai quelque mal à communiquer, en ce moment. Je n’en éprouve aucun désir. Je m’absente au milieu des conversations, la parole se heurte à mon ennui. Répondre même par un simple signe de tête me demande un effort incommensurable. Je pense au corps d’un homme qui me serait un nid halitueux. A son regard qui me prêterait vie. Je plonge sur les pentes de la Croix Rousse, pantin membré, raidi par la honte, j’arpente et je débaroule en grimaçant. Je baisse les yeux, les lève parfois sur… toi ? C'est toi ? Eh ! Fais un effort, quoi. Regarde-moi, désire-moi. Et puis non, ce couillon aux clavicules nues, ce divin drôle à la peau luisante et brune (cannelle aurait peut-être écrit Edmund White, me laissant espérer un parfum de pomme cuite et de beurre fondu), passe son chemin, ne me regarde pas ou, mieux, détourne les yeux. Un seul être vous manque, dit-on...

