vendredi 29 février 2008

Face hiver

Tractations, fausses colères, arguties, séduction, sympathie, humour, feinte franchise… ce matin, dans mon appartement, je suis invité au bal des experts. Le « mien » qui se présente de façon fallacieuse comme le défenseur de mes intérêts, celui de la régie d’immeuble qui semble trouver tout très bien, celui de ma propriétaire, qui décortique les fonctions de mon appareil photo et se fout complètement de ce qui se passe autour de lui, et l’expert « d’assuré », dont je n’ai toujours pas compris ce qu’il fabrique dans le coin, sauf qu’il a l’air toujours d’accord avec chacun, même avec moi, bref, un faux-cul. L’entreprise de décontamination est passée, j’ai bien quelques critiques à formuler mais tout le monde s’en contrefout, alors chez moi ça sent le brûlé, la présence persistante de toiles d’araignée au plafond démontre que personne n’est allé y passer ne serait-ce que le bout d’une éponge mouillée, mon papier peint est toujours aussi pourri, mon carrelage est craquelé de partout et j’ai fait poser des solives en dessous pour sécuriser mon plancher. Les experts ne sont que les suppôts des assurances qui les sollicitent, ils ne sont donc jamais d’accord entre eux et leur grand jeu est de me pousser à réclamer le maximum de leurs confrères tout en m’affirmant que eux ne peuvent rien pour moi. J’ai pitié pour leur métier et leur vie de merde. Passons les péripéties, ils me disent tous aujourd’hui que mon trou à rat est habitable. Ce qui est un bien grand mot, mais il va falloir que je m’y fasse, et d’abord acheter un matelas avec l’argent que mon assurance lâchera : boujour madame et monsieur je suis réfugié de la Croix Rousse, mon père il est mort à l’hôpital, ma mère il est pas d’accord pour me voir débarquer, mon frère on s’en tape pas mal, je n’accepte pas les tickets restaurant, je veux du fric pour m’acheter un matelas moins fatigué que l’ancien, il a été jeté de toutes façons par l’entreprise de nettoyage et un matelas neuf c’est cher mon bon monsieur, je n’ai pas les moyens, et pourquoi appliquer un taux d’obsolescence hein, pourquoi ? Je ne vais pas dire que mon matelas était neuf, en faits il était vieux, mais là tout de suite j’ai besoin d’un matelas et ça coûte des ronds que je n’ai pas. En faits de dédommagement, je ne le sais pas encore, mais le matelas, c’est à peu près tout ce que j’obtiendrais et dans deux jours j'irais dormir dans ma chambre. Je ne pourrais tirer de cette expérience, compte tenu aussi du déménagement forcé de mon voisin le dingo hurleur, que l’amélioration de mes nuits. A la réflexion, ce n’est déjà pas si mal.

7 commentaires:

Querelle a dit…

Et pourquoi ne pas dormir contre le sol, tu te saoules avant, et ainsi tu ne t'en rendras pas compte. Les bancs sont confortables aussi, j'ai testé :)
Blague à part, j'espère que tout ça s'arrangera, et vite ; hein

judith a dit…

une toile à mate-là

jane a dit…

viens chez moi j'habite dans une yourte tant qu'on y est.

Guillotière a dit…

Est ce que c'est bien sain, une yourte ? Elle est aux normes ?

Ouam-Chotte a dit…

Une yourte aux fraises ?

Ampère victor Hugo a dit…

bon ben je voie qu'ya du monde dans ces boites.
Les yourtes faut pas demander si c'est aux normes, c'est hors catalogue.
jane

Gare de Vaise a dit…

Purée, j'crois bien que la mafia Tchétchéne essaie de s'infiltrer sur le marché du locatif lyonnais !
Une Yourte pas aux normes ? Ca sent l'arnaque, le drap de bain avec une cordelette et trois piquets. Méfiance !