lundi 5 mai 2008

Comme un dimanche

Ma journée. Raconter ma journée. Je ne suis pas dans un super état. Fini une bouteille de Glenfiddish alors que je ne suis pas fan du Glenfiddich. Avec Jane, hier soir, dans sa nouvelle maison. Pendant que ses mômes ronflaient on s’est torché. Puis aujourd’hui je coule. Fatigué toute la journée, infoutu de réagir. Je dors un peu, pas assez. Je ne sors pas, j’ai envie pourtant, j’essaie de trouver une raison valable de sortir. Dimanche. A la limite je pourrais me promener, ce n’est pas une mauvaise justification la promenade mais j’ai peur de rencontrer du monde. Je n’ai rien à dire à personne, en faits, je me sens mal à l’aise à côté des gens, pas tout à fait avec eux et mon cerveau ne répond pas comme je voudrais, oui, c’est ça le problème, il ne répond pas assez vite. Si au moins je trouvais les ressources nécessaires pour m’éclater seul dans mon coin, mais non, je m’ennuie. Par ma fenêtre ouverte j’entends les oiseaux s’égosiller ce matin et c’est tout ce qui est audible. A part une porte qui claque, elle fait trembler l’immeuble un quart de seconde. J’attends, immobile, aux aguets. Je repère deux ou trois autres bruitages signifiants l’activité urbaine, un moteur de bagnole par exemple, ou un transistor lointain. Mon appartement donne sur la cours d’où me parviennent parfois les passables premiers pas d’une trompette, le son vaporeux, gymnopédique, d’un piano parfait ou les grincements enjoués d’une radio périphérique. Délice hors d’âge que cette atmosphère estivale, un dimanche matin. Délice auquel je me prépare, j’en espère un petit témoignage de vie humaine, mais ce n’est pas encore l’été, un coup d’œil me confirme que je suis le seul à ouvrir mes fenêtres en grand. Sont-ce les martinets qui hurlent ainsi de concert ? Le soleil. Je me souviens de ce voisin schizo dont je suis aujourd’hui débarrassé. Il saluait le soleil tous les matins en lui hurlant ses pires insultes : PEDE, ENCULE… Ce qui me rassure, c’est que je n’en suis pas encore à cette extrémité. D’abord j’aime le soleil et en plus je suis presque potable quand je suis bronzé, presque. Après, la journée n’est pas toujours bien facile à vivre, enfin surtout quand je n’ai rien à faire, comme aujourd’hui. Peut-être qu’un jour je me retournerais contre ce SALOPARD qui vient me NARGUER tous les matins. Je suis sûr qu’il ramène sa fraise juste pour me rappeler que je ne suis qu’une BOUSE qui ne sait pas quoi faire de sa pauvre inexistence de BOUSE MOCHE ET MOLLE. Le temps me paraît long et aussi je ne veux surtout pas qu’il me file entre les doigts, du temps, c’est tout mon bien, je n’ai que ça. Soudain c’est le soir, Jane m’appelle, euh ça va. Je dis okay, je viens discuter le bout de gras dans ton jardin sale bourgeoise. Et je n’y vais pas.

18 commentaires:

Olivier Autissier a dit…

Un "je m'ennuie" semblant si juste, du sens premier, je ennuie moi.

Laurent Morancé a dit…

Je découvre.

Je feuillette.

Et ça va mieux.

Mieux que comme un lundi.

l'Elephant a dit…

tu veux un coup de pied au cul? j'en ai une pelletée à la maison, je peux t'en passer un peu... enfin, moi je dis ça, je dis rien, hein?! chacun son truc. Et puis couler, ma foi, c'est le meilleur moyen de ressusciter

Ouam-Chotte a dit…

@olivier : c'est exactement ça.

@laurent : bienvenu ici !

@l'éléphant : Bienvenu à toi aussi et euh pour la proposition, des fois, ce ne serait pas de refus. Un spécialiste, cela pourrait s'avérer positif. Mais je dois dire que je suis un habitué maintenant de l'auto-coup de pied au cul...

jane a dit…

je dis ça , je dis rien, tiens tiens...
Ouam: tu sais ce qu'elle te dis la bourgeoise?

Victor Flyte a dit…

T'as l'air triste...Je t'embrasse de Madrid.

Garibaldi a dit…

"Sale Bourgeoise" ?!? Alors là, je m'insurge ! La dernière fois que j'ai vu Jane, elle était très propre !

Garibaldi (à Toulouse) a dit…

Sinon, Jane, maintenant que t'as un jardin, tu pourrais embaucher Ouam pour les plantations, vu qu'il s'ennuie. Ce fera un très joli jardinier

jane a dit…

pour l'instant je comptait plutot l'embaucher pour aller vider les litres...
C'est vrai qu'il n'y a que les pauvres qui sont sales...

Ouam-Chotte a dit…

@victor : merci, tu es vraiment mignon de me dire ça.

@Garibaldi : Ah ben voilà l'autre saucisse (de Toulouse) ;))))

@jane : vider les litres, je crois que j'ai largement participé déjà. Je ne peux pas tout faire : les vider et ensuite les vider.

La lovedreamer a dit…

Moi je suis sur quesi on s'écoutait vraiment on saurait tous très bien quoi faire de notre peau.
Vider des litres... excusez moi une nouvelle fois de devenir un vieux pervers, mais vous n'avez pas mieux à vider ?

:)(est-ce nécessaire)

choule[bunker] a dit…

Bien aimé ce texte.
Parce qu'à une époque, je crèchais chez un pote dont la voisine d'en face avait la même logorrhée.
Et puis, pareil. Rencontrer des connaissances pour entendre toujours les mêmes histoires. Le temps, nos vies... J'aimerais tellement qu'on me surprenne par un sujet décalé, moins banal.

Saddict a dit…

ouah!
le dimanche tu t'éclates!
RIRE!

J'ai vu que tu as un peu changer ta présentation... c'est quoi la marque marron sur le tableau en haut??? j'ai pur d'avoir une idée, donc je prefere te demander pour être sur!!!

Et ce qui est dommage c'est qu'on voit pas assez les écriture... mais a priori tu rends hommage à Guillaume Dustan, j'adore Guillaume également!!! c'est bouquins me faisait toujours rire (ou alors j'ai vraiment un humour particulier!), mais il ne me laissait pas indefferent!

Ouam-Chotte a dit…

@choule : moui, l'écriture doit transcender cette banalité. "On rencontre enfin ses voisins quand on contemple avec eux son immeuble en feu", cela pourrait être une boutade, mais la phrase, écrite, invite à l'interprétation. Tous les humains ne sont-ils pas, relativement, nos voisins, et l'immeuble n'est-il pas le symbole de nos renfermements sur nous-même... "N'est-ce pas une invitation au voyage", ai-je écrit en commentaire sur ton blog : une invitation à foutre le feu à nos habitudes ?
Enfin, sache que Premier Jet est un blog ET un roman. Il ne faut pas croire tout ce que je raconte.
En tous cas, soit le bienvenu ici.

Ouam-Chotte a dit…

@saddict : Ce n'est pas une trace de merde...

Ouam-Chotte a dit…

@lovedreamer : tu n'es pas pervers, juste réaliste. Et : oui, je sais très bien ce que je voudrais faire de ma peau. Le problème, c'est que cela ne se fera pas seul ! ;)

Saddict a dit…

c'est quoi???
une crotte de nez???
un résidu de mouche écrasé????

Ouam-Chotte a dit…

Cela peut paraître un peu con, mais je retombe au hasard sur ce texte, juste parce que je ne me souvenais pas de ce titre "Comme un dimanche" et du coup je relis les commentaires... Dont le tiens, Choule, et soudain je me rends compte que je ne t'avais pas compris à l'époque.
Ma "démonstration" sonne, à postériori, comme un pétard mouillé.
'Scuses, donc.