jeudi 15 mai 2008

Etranger (2)

Pas souvenir d’avoir tant bu pourtant. En pleine nuit je me réveille avec la sensation angoissante de ne pas être seul. J’ai mal à la tête, je suis chez moi, il fait nuit et surtout j’ai trop chaud. Je réfrène à toute force mon instinct idiot qui commande de me lever et de faire le tour de l’appartement. Je calcule que je possède un grand couteau et je me dis qu’il serait plus prudent, la prochaine fois, de le ranger sous mon lit. Imagine quelqu’un qui se saisi de mon couteau, dans la cuisine, après je suis démuni contre lui. S’il m’attaque. Je ne respire plus, je ne bouge pas, histoire de percevoir le souffle retenu de l’ombre qui s’est glissée chez moi. Et je ne l’entends pas. Ce que je peux être couillon, un vrai môme. Je sais bien que je suis seul. C’est même là mon plus grand drame. La tête me brûle, c’est pour ça que mon cœur bat, qu’il s’emballe, c’est pour ma tête, c’est mon circuit de refroidissement qui se met en branle. Comme quand j’ai trop bu, j’ai sans doute un peu trop bu hier soir. Je n’étais pas parti pour une cuite, puis voilà, j’ai croisé l’oiseau en bas des pentes de la Croix Rousse, il se traînait, piétinait ses plumes blanches dans la poussière, cet ange. Marrant ça (hein, Kooz), que le désir, démoniaque instrument de nos rapports au monde puisse ainsi désigner, en un parfait étranger, un autre que nous, au tournant d’une rue, à la terrasse d’un café, celle ou celui qui sera l’ange, la créature divine, le sujet de nos fantasmes et de notre poème. L’oiseau blanc était un peu triste, je crois, ses tendresses m’allaient droit au cœur. J’ai dû boire beaucoup sans m’en rendre compte et cette nuit je me réveille comme d’un cauchemar. L’autre côté de l’oreiller est plus frais, il soulage un instant ma boîte crânienne, ma cervelle, mes organes, décidément, prennent trop de place et sous la chaleur estivale ma peau, mes os ont du mal à me contenir. L’ombre qui me tourmente est mutique et immobile dès que je tends l’oreille. Maintenant je dois retrouver le sommeil. L’ombre qui me terrifie, pauvre fou, c’est la mienne.

18 commentaires:

Gaaaaarryyy a dit…

Un graaaand couteau sous le lit .... T'as déjà pensé à baillonner ton inconscient, parce que là, il devient sacrément bavard. ;-)

Ouam-Chotte a dit…

Pf espèce de psy va

ns a dit…

je te hante

Lidia a dit…

Qui n'a pas été victime de crises paranoïaques nocturnes te jette la première pierre.
Jaime la façon dont tu décris la tienne, un vrai petit bijou.
Je reviendrai par ici...

Querelle a dit…

Le sexe est bien plus efficace qu'un couteau dans ce cas de figure :)

La noiraude a dit…

J'te tente ?

Baldi - baldo sont dans un bateau a dit…

psychopathe ? psychotique ? psychotrope ? psychopompe ?

jane a dit…

@ ns: on a le droit d'écrire des phrases de plus de 3 mots tu sais, et puis arrete de parler que de toi, je je je ça va oui.
@ gary: t'as raison un grand couteau ça me fait penser à d'autres choses, tu vas vouar que la prochaine fois il va rever d'une méga fusée qui décolle dans une fumée blanche, genre tintin sur la lune.

gary a dit…

Ou de la tour Agbar de barcelone, avec toutes ses couleurs, ... ou alors, retour du réel, il bloque sur la vision d'un radis !!! ;-)

Sinon, c'est Tintin sur la lune ou Tintin dans la lune ?

Shaggoo a dit…

Je crois, je le sais, que je n'ai jamais trop bu. Je n'en ai jamais éprouvé le besoin. Ni la sensation. Je sais davantage le plaisir de la griserie légère, cette gaieté passagère, ce petit réchauffement qui trouble, à peine, la perception du réel. Juste assez pour s'en défaire, un peu.

Les couteaux sont plus heureux dans la cuisine.

Ouam-Chotte a dit…

@ns : qui me hante ?

@lidia : bienvenue ici, ton compliment me va en tous cas droit au coeur !

@querelle : ah ! A qui le dis-tu...;)

@jane : t'inquiète !

@gary : hum hum, aller, je ne dis rien.

@shagoo : Je considère comme un handicap cette façon que j'ai d'être un peu trop raisonnable. Pourtant, peut-être en réaction, je me lâche parfois, pop ! Je fais sauter un morceau de surmoi... Mais bien sûr, cela ne dure que le temps d'une cuite.

juanita a dit…

c'est vrai j'ai toujours trouvé que tintin avait une tete de suppositoire alors va pour tintin dans la lune.

Garibaldi a dit…

Oh mon Dieu !!!!! Cet homme a un surmoi que l'on peut détacher en p'tits morceaux.

C'est possible d'en avoir un p'tit bout, dit, Môsieur Ouam ? Paceque moâ, j'en ai pas de surmoi, et j'voudrai savoir s'que ça fait d'en avoir un.

Jane : Tintin, une tête de suppositoire ? Tu me fais frémir ....

Gary a dit…

Au fait, Jane, j'ai pensé à toi Samedi soir. J'me suis dit : Pôv Jane, elle qui va surement voir débarquer un Ouam aviné à pas d'heure, en train de hurler "on est les champions, on est les champions ...." Tu es une sainte

Ouam-Chotte a dit…

Aviné à la bière avec des petits morceaux de surmoi dedans

Laurent Morancé a dit…

NERVALite aiguë.

Conseil : ne pas vous soigner.

À bientôt.

jane a dit…

evidemment que je suis une sainte et pas que pour ça!

Dr Gaaarry a dit…

NERVALite aïgue ?

Conseil : soigné ça tout de suite ! Ca se termine très mal. Personne n'a envi de retrouver le Ouam pendu ...