vendredi 9 mai 2008

Etranger (1)

Jamais je n’aurais cru un jour écrire une telle ineptie : ah que ça fait du bien de bosser. Voilà, c’est fait. Je sais depuis longtemps que l’action sert à oublier qu’on ne peut rien et l’oubli, en ce moment, c’est juste ce dont j’ai le plus besoin. A trop me regarder le nombril, je louche inévitablement vers ma petite protubérance caverneuse et oui, se mater le zizi n’est pas toujours signe de bonne santé. En plus, si l’on songe à l’image, cela m’oblige à courber l’échine, symbole de ma misère. Je devrais peut-être me le zigouiller, des fois, me le guillotiner en espérant qu’il ne repousse pas tout de suite. Le boulot. J’ai un contact sympathique avec une jeune femme à l’Hôtel de Police qui me donne plein de petits détails croustillants concernant les accidents de la route ou les petites vieilles qui pourrissent dans leur HLM. On rigole bien. Le patron du coup me laisse appeler, il me prête son téléphone et donc je me pointe dans son bureau tous les matins. La rédaction commence à s’habituer à moi, j’ai droit à un sourire de temps en temps et je participe souvent à la conférence de rédaction. Debout, près de la porte, en compagnie des stagiaires et de deux ou trois collègues pigistes, j’ai une vision de toute cette clique de branleurs. Enfin, je dis branleurs, je suis impressionné par deux journalistes assez pugnaces, jamais à court de sujet, dont je crois percevoir la grande culture, capables, l’un et l’autre, d’écrire des phrases correctes. Pas des rigolos quoi, et je dois ajouter qu’ils agacent et qu’ils tranchent au sein de ce ramassis de flèches. On ne soulignera jamais assez la fatuité du journaliste et son absence totale d’idée. Le métier est loin de la littérature, un journaliste peut exercer sans jamais lire un bouquin, il se nourrit de dossiers de presse et de discussions, écrit à minima, style scolaire, en faisant attention à ne surtout pas employer de mots « difficiles ». Celui qui croit, en lisant son journal, qu’on le prend pour un enfant ou pour un crétin, ce qui est souvent la même chose, a bien raison, cela fait même partie de la formation. Moi je me considère de passage, pas concerné. A côté. Cela m’aide beaucoup à continuer, de penser que je ne suis pas l’un d’eux. Ce sentiment rassurant d’être l’étranger me permet de bâcler mes papiers l'esprit tranquille et, donc, de leur ressembler suffisamment pour faire bonne figure. A la limite, on est tous des étrangers, ici. Qu'ils aillent tous se faire voir.

12 commentaires:

jane a dit…

il parait même que les profs de journalisme à science po paris sont d'anciens redacteurs de paris match...Le choc des mots , le poids des photos...ça tache pas.

Qu'est ce qu'elle a ma logorrhé?

Shaggoo a dit…

Ecrire comme on se branle. Intéressant !

Lovedreamer a dit…

Travailler, tu as parfois des idées curieuses, toi aussi. M'enfin si on peut continuer à se sentir estranger ...

Ouam-Chotte a dit…

@jane : tais-toi, lol ;)

@shagoo : les journalistes sont bien moins marrants que ça !

@lovedreamer : euh à propos de travailler, je te rappelle que Premier Jet est un roman, j'invente des trucs.

Laurent Morancé a dit…

Tiens... Un frère d'arme !

jane a dit…

garibaldi:
recu infos de barcelone 5/5.Stop.
Bien contente.stop.et amusée.stop.envoie telegramme because rien d'autre.
Merci

Garibaldi a dit…

Jane : enfin arrivée ! Stop. elle aura pris son temps. Stop. Vous embrasse Ouam et toi. Stop. Moi aussi, en ce moment, je me laisse vivre ......

choule[bunker] a dit…

Ooh, mon gaillard. Toi, tu es parti pour réussir dans ce métier.
@Shaggoo : en ce qui me concerne, quand j'écris, j'utilise ma verge comme un buvard pour sécher l'encre. C'est bien pratique.

Garibaldi (the return of) a dit…

Le corps caverneux aussi efficace qu'un essuie-tout ? Encore une idée pour sauver les arbres ! Il ne sera pas dit que ce blog n'est pas le vecteur de VRAIES propositions suceptibles de faire avancer la France (dans le bon sens)..... ;-)

Gary a dit…

Dites, y'a quelqu'un qui a des nouvelles de l'Ôteur ? Parce que bon, ça fait long ... J'espère qu'il ne s'est pas noyé lors d'une activité une tauro piscine trop arrosée ...

jane a dit…

t'inquiètes il bulle...

Ouam-Chotte a dit…

@Laurent : Garde à vous !

@choule : je n'ai aucune ambition professionnelle...

@les "ôtres" : eh oui je bulle : je bosse.