vendredi 30 novembre 2007

"Il n'y a pas d'amour heureux"

Fou je l’ai été, à en crever, pas pour lui, pas encore. Ce mec-là, je m’en foutais, je ne l’avais même pas remarqué, d’ailleurs à première vue je ne l’aurais pas trouvé beau, ce rouquin. C’est après, c’est son regard, c’est son sourire quand il gagna en franchise, c’est son ventre, blanc comme un éclair de lune, et son nombril que je baisais avec tendresse, ce trou d’évacuation de mes hontes plongeant dans ses entrailles, ce garçon m’a ému et je n’avais d’yeux que pour lui. Pfff. Je te jure. De le voir avec ses taches de rousseur et ses oreilles décollées me mets en joie. Je veux toujours l’embrasser. Même en public. Ça m’aurait fait rigoler, un doigt d’honneur à la foule, je vous emmerde je suis pédé. J’en aurais rougi aussi peut-être. L’embrasser. Je suis certain que ça le soooule, grave trop, mais quand même, un bisou. Je ne mange plus guère, à ce moment-là, je m’abreuve à cette source d’abandon, je m’enivre. Pfff. Comme si j’étais amoureux quoi. Alors qu’au début début je n’avais en tête que cette idée de baiser un bon coup, de passer le pas et basta, ciao, on se recroise.

Ou alors le temps d’un été. Une histoire qui se serait terminée sur un redoux d’automne, un amour déliquescent qui nous serait resté en rubans colorés dans la mémoire, à l’image de celui qui claque au vent derrière le chapeau, je crois, de Madame de Rénal, des lambeaux de joliesse, les traces d’une tardive et vive adolescence, comme on garde ténue en soi la belle émotion d’un film de la nouvelle vague à Paris. Ma nostalgie s’endormirait doucement, un cœur joyeux d’éternel nouveau né, si petit, si petit que je ne serais pas toujours capable de le nommer, battrait pour toujours dans un coin de mon cerveau, dans mes désirs et mes romans. Maintenant l’oiseau blanc et ses regards d’enfant blessé, ses francs sourires et les timides aussi, planent sur ma solitude.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

QUI est l'heureux 400 Tième que je lui file un panier garni?
lol

nadyne a dit…

...et pas de bonheur sans amour