jeudi 13 décembre 2007

V

Comment te dessiner si je ne t’ai pas rencontré ? Puisque un soir de Juillet plus doux que les autres, l’oiseau blanc s’est posé sur moi, je peux imaginer ton poids, j’ai une idée de ta force. Ta corpulence, entre mes bras, s’impose et dans les creux de toi je m’installe, de toutes mes épaules, de mes biceps gonflés à rompre, je veux te tenir, peau contre peau, contre moi.

L’oiseau ne se pose qu’un instant même en le plus douillet des nids. Alors maintenant est-ce que je puis t’imaginer ? Et, tiens, me lis-tu ?

Ballade dans la capitale des Gaules. Je vais rentrer me cuisiner un bœuf bourguignon ou des rognons de veau à la crème d’ail et au persil. A moins que je ne me fasse des pâtes à l’eau avec un filet d’huile d’olive, on verra. Mais ce n’est pas encore le moment de décider, car pour l’heure, je suis en arrêt devant un sublime rayon de soleil au beau milieu du pont de la Guillotière. Un peu groggy je me détourne de ce bonheur un instant aperçu, et je lutte contre mon désir d’en voir un peu plus. Je sais ce qu'est le bonheur et… je n’en veux plus. Je m’accoude tout de même au garde-fou de pierre comme pour mater la vue et hop un coup d’œil vers la jolie silhouette qui s’éloigne. Le sentiment de me réfugier une fraction de seconde entre son cuir cousu de fermetures éclair et son pull de fines mailles bleutées… et c’est là que je suis estomaqué par un autre profil. Malgré le froid, un jeune homme montre sa gorge blanche, elle bondit depuis le col en V de son chandail. Je sais bien ce que ça veut dire, j’ai la libido qui fait une violente rechute. Je te cherche dans tous les garçons bien faits que je croise. Je peux tomber amoureux d’un instant à l’autre, c’est dangereux.

Lorsqu’une jolie silhouette s’éloigne sur un pont sans m’avoir jeté le moindre regard, c’est un peu comme si tu me laissais. Tu m’abandonnes ainsi dix fois, vingt fois par jour et j’en ai chaque fois la gorge qui se sert.

2 commentaires:

le nom de la marguerite a dit…

"V" ou "l'homme qui voyait au loin des feuilles au vent comme un 3/0."


Fait un effort quoi!

Ouam-Chotte a dit…

hein ?